
Récit de terrain Une aurore boréale dans les Hautes-Alpes
© Jérôme Baron-Campos
- Ciel nocturne
- Paysages
Les 19 et 20 janvier 2026, une aurore boréale colore deux soirs de suite le ciel des Hautes-Alpes. Je la photographie d’abord près du lac collinaire des Brès, puis face au Piolit, et je partage comment la voir et la photographier.
Le décor
Je surveille régulièrement l’activité solaire sur le site SpaceWeatherLive. Ce lundi 19 janvier, les prévisions annoncent une forte activité : une aurore pourrait devenir visible jusque dans les Alpes. Le soir venu, ma compagne et moi prenons la route. L’aurore nous offrira finalement deux soirées de suite, en deux lieux différents.
- LieuPrès du lac collinaire des Brès, puis de Montgardin
- Date19 janvier 2026
- MomentNuit
- SaisonHiver
- MétéoNuit claire

Je m’appelle Jérôme, photographe amateur autour de Gap. Je suis l’activité solaire depuis que la photo de nuit m’a conquis : cette aurore de janvier 2026 reste un souvenir à part.
Colonnes roses de l’aurore au-dessus du Piolit — janvier 2026
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 20mm f/2.8 USM · 20 mm · f/2.8 · 15s · ISO 4000
Premier soir : le plateau des Brès
Pour ce premier soir, nous rejoignons un plateau dégagé, près du lac collinaire des Brès. Loin des lumières, le ciel est d’un noir profond et les étoiles s’y comptent par milliers.
La nuit avance, et peu après minuit, une lueur rouge intense embrase l’horizon au-dessus des montagnes. Ce premier rendez-vous nous donne envie de recommencer dès le lendemain.
Aurore boréale rouge au-dessus du plateau des Brès — janvier 2026
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 20mm f/2.8 USM · 20 mm · f/2.8 · 15s · ISO 4000
Deuxième soir : une colline face au Piolit
Le lendemain, l’activité solaire reste forte, et nous repartons. Cette fois, nous montons au sommet d’une colline, près de Montgardin, où la vue est bien dégagée. Devant nous se dresse le Piolit, et sur la droite, les aiguilles de Chabrières. Le ciel est parfaitement clair, l’air est calme et froid.
Vers 20 heures, une lueur rose apparaît au-dessus des montagnes.
Une lueur rose qui danse
À l’œil nu, l’aurore ressemble à une lueur rose et douce, qui se déplace lentement dans le ciel. L’appareil, lui, révèle des couleurs bien plus intenses : en quelques secondes de pose, il accumule davantage de lumière que notre œil.
Pendant une heure, nous restons là, emmitouflés, à regarder le ciel changer. Le spectacle est rare sous nos latitudes, et nous mesurons notre chance.
Rayons de l’aurore sur les aiguilles de Chabrières — janvier 2026
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 20mm f/2.8 USM · 20 mm · f/2.8 · 15s · ISO 4000
Les deux soirées en images
Le premier soir, aux Brès, l’aurore embrase l’horizon de rouge sous les nuages. Le lendemain, près de Montgardin, elle se dresse en colonnes roses au-dessus des villages.
Le saviez-vous ?
Les aurores naissent quand des particules envoyées par le Soleil rencontrent la haute atmosphère de la Terre. Elles se forment d’ordinaire près des pôles. Lors des fortes tempêtes solaires, elles descendent beaucoup plus au sud : en janvier 2026, on les a observées dans toute la France.
Chez nous, on aperçoit surtout le sommet de l’aurore, très haut dans le ciel. C’est pourquoi elle paraît rose ou rouge, plutôt que verte comme en Norvège.
Ce que je retiens
Une aurore se guette pendant des jours, puis se vit en quelques heures, et parfois deux soirs de suite. Je retiens surtout ces moments partagés à deux, sous un ciel immense : des souvenirs plus forts encore que les photos.
Voir une aurore dans les Hautes-Alpes
Une aurore reste un événement rare sous nos latitudes. Pour mettre toutes les chances de mon côté, je suis l’activité solaire sur SpaceWeatherLive (nouvel onglet) : quand une forte tempête magnétique s’annonce, je prépare ma sortie.
Il faut ensuite un ciel bien noir et une vue dégagée vers le nord, loin des lumières des villes.
- SurveillerL’activité solaire, plusieurs jours à l’avance
- CielDégagé, idéalement sans pleine lune
- LieuUne hauteur, loin des villes, face au nord
- QuandEn soirée, dès la nuit noire
- TenueVêtements très chauds et boisson chaude
Lueur rose de l’aurore parmi les étoiles — janvier 2026
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 20mm f/2.8 USM · 20 mm · f/2.8 · 15s · ISO 4000
La photographier
J’utilise mon Canon EOS RP et le Canon 20 mm, posés sur mon trépied de voyage. Le grand-angle garde le paysage dans l’image, et son ouverture à f/2.8 capte un maximum de lumière.
- Je fais la mise au point à la main, en grossissant l’image dix fois sur l’écran : c’est la meilleure façon d’obtenir des étoiles bien nettes.
- Je pose entre 10 et 20 secondes : la lueur a le temps de s’imprimer, et les étoiles restent des points.
- J’essaie plusieurs sensibilités, de 1600 à 6400 ISO, puis je garde le meilleur compromis entre luminosité et grain.
- Je déclenche depuis mon téléphone, avec l’application Canon Camera Connect : l’appareil reste parfaitement immobile.
Réglages : Canon EOS RP sur trépied, Canon 20 mm, f/2.8, 10 à 20 s, 1600 à 6400 ISO.
Mes photos à l’Office de tourisme
Ces images illustrent aussi l’article « Des aurores boréales dans les Hautes-Alpes » de l’Office de tourisme Serre-Ponçon Vallées, qui donne de bons conseils pour les observer autour du lac.
Un clin d’œil pour finir
Entre deux poses, je me suis amusé à éclairer un arbre à la lampe pendant que l’appareil enregistrait la scène. Cette technique s’appelle le light painting : on peint littéralement avec la lumière. L’arbre ressort ainsi du paysage nocturne, sous un ciel piqué d’étoiles.
Arbre éclairé à la lampe sous le ciel étoilé — janvier 2026
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 20mm f/2.8 USM · 20 mm · f/2.8 · 15s · ISO 4000