Avant de tenir dans une poche, la photographie a été un rêve d’inventeurs : garder pour toujours l’image que la lumière dessine. Il a fallu près de deux siècles d’essais, de patience et de petites révolutions pour en arriver aux appareils d’aujourd’hui. Je vous raconte ici cette histoire, simplement.
Écrire avec la lumière
Le mot « photographie » vient du grec : phôs signifie la lumière, et graphein veut dire écrire.
Les grandes dates
- 1826La première photographie, par Niépce
- 1839Le daguerréotype, offert au monde
- 1888Le premier Kodak : la photo pour tous
- 1906Les animaux de Shiras, photographiés de nuit
- 1907L’autochrome : la couleur
- 1975Le premier appareil numérique
Une image insaisissable
Depuis l’Antiquité, on connaît un phénomène étonnant : dans une pièce plongée dans le noir, la lumière qui entre par un petit trou projette sur le mur d’en face l’image du paysage extérieur, à l’envers. C’est la « chambre noire ». À la Renaissance, des peintres s’en servent pour dessiner avec précision.
Mais cette image est fugitive : dès que la lumière change, elle s’efface. Pendant des siècles, elle échappe à tous ceux qui tentent de la retenir.

1826 : la toute première photographie
Dans sa maison de Bourgogne, Nicéphore Niépce recouvre une plaque d’une substance qui durcit à la lumière et la place au fond d’une chambre noire tournée vers sa fenêtre. Après de longues heures, une image apparaît : les toits et la cour de sa propriété. L’image est floue et pâle, mais elle est bien réelle.
C’est la plus ancienne photographie conservée. Elle a près de deux cents ans.
Le saviez-vous ?
Pour cette première image, la pose a duré des heures, peut-être même plusieurs jours. Aujourd’hui, un appareil photo saisit une scène en un millième de seconde.
1839 : un cadeau fait au monde
Louis Daguerre, qui avait travaillé avec Niépce, met au point un procédé bien plus rapide : le daguerréotype. L’image, d’une finesse étonnante, apparaît sur une plaque de métal brillante comme un miroir. En 1839, l’État français achète l’invention et la rend libre pour tous.
Chaque daguerréotype reste pourtant un exemplaire unique. En Angleterre, William Henry Fox Talbot imagine au même moment une autre voie : une image inversée, le négatif, à partir de laquelle on peut tirer autant d’exemplaires que l’on veut. Ce principe guidera la photographie pendant plus de cent cinquante ans.

Plus simple, plus léger, pour tous
Au fil du XIXe siècle et du début du XXe, chaque invention rend la photographie un peu plus facile, un peu plus rapide, un peu plus proche de chacun.
1851
Les images se forment sur des plaques de verre, plus nettes et plus rapides. Mais le photographe doit préparer chaque plaque sur place : il voyage avec un véritable laboratoire.
1907
À Lyon, les frères Lumière lancent l’autochrome : la couleur devient enfin possible, grâce à de minuscules grains de fécule de pomme de terre teintés.
1888
Le premier Kodak se vend déjà chargé d’un rouleau de pellicule. Son slogan promet : « Appuyez sur le bouton, nous faisons le reste ». La photo entre dans les familles.
1925
Le Leica tient dans la poche et utilise la petite pellicule du cinéma. Les photographes peuvent suivre la vie là où elle se passe.

Quand la nature entre dans l’objectif
À la fin du XIXe siècle, l’Américain George Shiras installe ses appareils au bord des lacs et des sentiers. Grâce à un fil tendu et à un éclair de magnésium, ce sont les animaux eux-mêmes qui déclenchent la photo, en pleine nuit. En 1906, ses images de cerfs surpris dans l’obscurité émerveillent les lecteurs du National Geographic.
La couleur et l’instant
Au milieu du XXe siècle, la pellicule couleur devient courante, et les diapositives projetées sur un drap blanc animent les soirées en famille. En 1948, le Polaroid fait sortir la photo de l’appareil, prête à regarder au bout d’une minute environ : un petit miracle pour l’époque.

1975 : l’image devient numérique
Chez Kodak, un jeune ingénieur, Steven Sasson, assemble un drôle d’appareil, gros comme un grille-pain. Il enregistre une image en noir et blanc sur une cassette, en une vingtaine de secondes : la photographie se passe désormais de pellicule.
Trente ans plus tard, le numérique a tout changé. On découvre sa photo à l’instant, on peut en faire des milliers, et le téléphone est devenu l’appareil le plus répandu au monde.
Aujourd’hui, ce sont mes propres photos qui prolongent cette histoire.
Ce qui demeure
Des plaques de Niépce aux appareils d’aujourd’hui, une chose est restée la même : il faut de la lumière, et quelqu’un pour la regarder. Au bord d’un pré, à l’aube, j’attends toujours le même instant que les pionniers : celui où la lumière vient dessiner la scène.
Et aujourd’hui ?
Mon appareil est bien plus rapide que celui de Niépce, mais il faut toujours savoir attendre la bonne lumière. Découvrez ce que j’emporte sur le terrain, ou faisons connaissance.
