
Technique Le pré fauché, une table ouverte
© Jérôme Baron-Campos
- Mammifères
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- Lumière et saisons
Quand l’herbe tombe, les renards, les huppes et les chevreuils viennent se servir. Les réglages de quatre photos prises au même endroit racontent cette scène.
Le jour de la fauche, un pré change complètement. Les campagnols, les insectes et les larves qui vivaient à l’abri des hautes herbes se retrouvent à découvert. Pour les animaux qui les chassent, c’est une table ouverte ; pour le photographe, une occasion rare de voir plusieurs espèces au même endroit, à quelques jours d’intervalle.
Réglages en bref
- Renard1/2500 s, f/8, 6400 ISO
- Brocard1/250 s, f/8, 6400 ISO
- Huppe1/1000 s, 1600 ISO
- MatérielCanon EOS RP, 100-400 mm et multiplicateur 1.4x
Qui vient se servir ?
- Le renard chasse les campagnols à l’oreille, puis bondit dessus.
- La huppe fasciée fouille le sol avec son long bec à la recherche d’insectes et de larves.
- Le chevreuil vient brouter les repousses, plus tendres.
Renard dans les foins, lumière du soir — mai 2025
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS USM + multiplicateur 1.4x · 560 mm · f/8 · 1/2500 · ISO 6400
Brocard dans le pré fauché — juin 2025
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS USM + multiplicateur 1.4x · 560 mm · f/8 · 1/250 · ISO 6400
Même sensibilité, vitesses très différentes
Deux de mes photos ont été prises à 6400 ISO, une sensibilité élevée. Pourtant, leurs vitesses diffèrent du tout au tout :
- le renard dans les foins : 1/2500 s ;
- le brocard dans le pré fauché : 1/250 s.
Avec la même sensibilité et la même ouverture (f/8), un écart de plus de trois diaphragmes sur la vitesse vient forcément de la lumière : le renard était dans la lumière rasante du soir, le brocard dans une lumière bien plus faible. Et le choix de vitesse suit l’animal : un renard qui chasse peut bondir à tout instant, alors qu’un chevreuil qui broute laisse le temps de travailler plus lentement.
La huppe, un cas à part
La huppe est farouche et se déplace par petites courses. Pour elle, 1/1000 s à 1600 ISO était un bon compromis : assez rapide pour figer un mouvement de tête, assez sage en sensibilité pour garder les détails de la crête et des plumes barrées de noir et de blanc.
À 6400 ISO, le grain devient visible sur l’EOS RP, surtout dans les zones sombres. Il reste acceptable si l’image est bien exposée dès la prise de vue : c’est en éclaircissant après coup qu’il ressort le plus.
Huppe fasciée dans le pré fauché — juin 2025
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS USM + multiplicateur 1.4x · 560 mm · f/8 · 1/1000 · ISO 1600