
Technique Rapaces en vol : figer une buse et un faucon
© Jérôme Baron-Campos
- Oiseaux
Pour figer une buse variable et un faucon crécerelle sur fond de ciel, je détaille les vitesses, l’ouverture et la sensibilité, réglage par réglage.
Photographier un rapace en vol, c’est cumuler les difficultés : un sujet petit, rapide, souvent à contre-jour, et un autofocus qui doit le suivre en continu. Quatre de mes images montrent que les bons réglages dépendent surtout de ce que fait l’oiseau.
Réglages en bref
- Buse en vol1/3200 s, f/10, 3200 ISO
- Vol sur place1/1250 s, f/7.1, 100 ISO, 295 mm
- Envol1/2500 s, f/8, 640 ISO, 560 mm
- MatérielCanon EOS RP, 100-400 mm et multiplicateur 1.4x
La buse : figer les ailes
Pour photographier cette buse variable en vol, j’ai utilisé ces réglages : 1/3200 s, f/10, 3200 ISO. La vitesse très élevée fige le bout des rémiges, ces grandes plumes qui bougent même quand l’oiseau semble immobile.
Pourquoi f/10 alors que l’objectif ouvre à f/8 avec le multiplicateur ? Une buse a une grande envergure ; légèrement inclinée, une aile est plus proche que l’autre. Fermer de deux tiers de diaphragme donne un peu de marge pour garder les deux ailes nettes. La sensibilité monte en conséquence, mais sur un fond de ciel uni, le grain se remarque peu.
Buse variable en vol — octobre 2025
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS USM + multiplicateur 1.4x · 560 mm · f/10 · 1/3200 · ISO 3200
Faucon crécerelle en vol — mai 2025
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS USM + multiplicateur 1.4x · 295 mm · f/7.1 · 1/1250 · ISO 100
Le faucon crécerelle : profiter du vol sur place
Le crécerelle a une technique de chasse bien à lui : il fait du vol sur place, face au vent, en scrutant l’herbe. Pendant ces quelques secondes, il reste presque immobile. Dans ce cas, une vitesse plus modeste suffit : l’image prise devant un nuage a été faite à 1/1250 s.
Le nuage blanc renvoyait énormément de lumière : 100 ISO et f/7.1 suffisaient. Le zoom était aussi moins poussé, à 295 mm : le cadrage plus large garde le nuage dans l’image. Il raconte le ciel, là où un cadrage serré aurait réduit l’image à un oiseau sur du blanc.
À l’envol, c’est l’inverse : l’oiseau accélère d’un coup. Pour la photo du crécerelle qui décolle, la vitesse remonte à 1/2500 s (560 mm, f/8, 640 ISO).
Faucon crécerelle à l’envol — mai 2025
© Jérôme Baron-Campos
Canon EOS RP · Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS USM + multiplicateur 1.4x · 560 mm · f/8 · 1/2500 · ISO 640
Ce qu’il faut retenir
- Quand l’oiseau bat des ailes ou décolle, il faut 1/2500 s ou plus.
- Quand il fait du vol sur place ou plane lentement, 1/1250 s peut suffire.
- Contre un ciel lumineux, l’oiseau ressort souvent trop sombre : il faut surexposer d’un ou deux tiers de diaphragme.