Jérôme Baron-Campos, photographie nature
Photo à venir : Le grand cerf de 14 ou 16 cors, vainqueur du combat

Récit de terrain Le brame du cerf dans le Buëch

© Jérôme Baron-Campos

  • Mammifères
  • Lumière et saisons

Chaque vendredi de l’automne 2026, je guette le brame du cerf près de Montmaur, dans la vallée du Petit Buëch. Biches, combats entendus de tout près, et un grand cerf vainqueur, photographié à 300 mètres.

Le décor

Du 15 septembre au 15 octobre, les cerfs brament : c’est la saison des amours. Cette année, j’y consacre chacun de mes vendredis après-midi, près de Montmaur, dans la vallée du Petit Buëch, entre la montagne et le lit de la rivière. Ma compagne m’accompagne, ainsi que mon voisin et collègue, photographe professionnel.

  • LieuPrès de Montmaur, vallée du Petit Buëch
  • Date2 octobre 2026
  • MomentFin de journée
  • SaisonAutomne
  • MétéoNuageux
Jérôme souriant, bras croisés, en polo gris à rayures, devant un fond gris clair

Je m’appelle Jérôme, photographe amateur près de Gap. Le brame est devenu mon rendez-vous de l’automne : ce récit rassemble mes vendredis de la saison 2026.

Se préparer d’une semaine sur l’autre

Je connais déjà le secteur : je l’ai repéré les années précédentes. Chaque semaine, j’ajuste notre poste d’affût en fonction des brames entendus la fois d’avant.

Notre camouflage reste simple : nous nous installons toujours derrière un buisson ou un rideau d’arbres. Je prévois aussi une solution de repli. Un cerf en rut est un animal imposant, et il peut charger s’il se sent menacé.

Photo à venir : Mon affût camouflé pour le brame du cerf (automne 2026)

Photo à venir : Mon affût camouflé pour le brame du cerf (automne 2026)

© Jérôme Baron-Campos

L’attente

Nous arrivons une heure ou deux avant le coucher du soleil, et nous attendons en silence. La chance est de notre côté : la météo reste belle et douce presque tout le mois.

Les premières fois, plusieurs biches sortent du bois. Puis les brames montent, de plus en plus proches. Entre deux appels, un bruit sourd résonne : des bois qui se percutent. Un combat se joue à quelques dizaines de mètres, caché par la végétation.

Photo à venir : Des biches en lisière, à la tombée du jour (automne 2026)

Photo à venir : Des biches en lisière, à la tombée du jour (automne 2026)

© Jérôme Baron-Campos

Le grand jour

La première semaine d’octobre, le ciel se couvre entre deux averses. C’est notre plus belle soirée : les cerfs se montrent enfin.

À environ 300 mètres, un grand cerf de 14 ou 16 cors affronte des mâles plus petits et les repousse un à un. Il est difficile de compter ses cors, même sur les photos, tant ses bois sont imposants.

Ma compagne est aux commandes du Nikon P900, ravie : à cette distance, son zoom est imbattable. Avec mon EOS RP à 560 mm, je suis à la limite, tout comme mon voisin avec son Canon R6 et son 400 mm.

Le saviez-vous ?

Le cerf brame pour attirer les biches et impressionner ses rivaux. Quand deux mâles de force égale se défient, ils s’affrontent bois contre bois.

Les « cors » désignent les pointes de ses bois. Leur nombre augmente avec les années et donne une indication de l’âge du cerf.

Photo à venir : Le grand cerf de 14 ou 16 cors, vainqueur du combat

Photo à venir : Le grand cerf de 14 ou 16 cors, vainqueur du combat

© Jérôme Baron-Campos

Des photos au bout du possible

À la tombée du jour, la lumière disparaît vite. Sur le P900, nous descendons jusqu’à 1/4 de seconde : c’est un peu fou à cette distance, et pourtant, ça fonctionne. Sur l’EOS RP, je pousse la sensibilité jusqu’à sa valeur étendue maximale, H2, soit 102 400 ISO, et l’image devient une vraie purée de pixels.

Ces photos restent modestes, sombres et granuleuses. Mais elles gardent la trace de souvenirs inoubliables.

Photo à venir : Un cerf au loin, photographié au Nikon P900 à 300 mètres

Photo à venir : Un cerf au loin, photographié au Nikon P900 à 300 mètres

© Jérôme Baron-Campos

Observer le brame en pratique

Le brame se vit surtout à l’oreille, et à bonne distance. Voici ce que j’ai retenu de cette saison.

  • PériodeDe mi-septembre à mi-octobre
  • ArrivéeUne à deux heures avant le coucher du soleil
  • RepérageSuivre les brames, d’une semaine sur l’autre
  • AffûtDerrière un buisson, avec une solution de repli
  • DistancePlusieurs centaines de mètres : un grand zoom est idéal

Ce que je retiens

Cette saison m’a appris beaucoup : de bonnes pratiques, des coins où se camoufler, et des astuces pour les années à venir. J’y retournerai à coup sûr. Et je garde surtout le souvenir de ces soirées partagées, à guetter ensemble les appels qui montaient de la forêt.

Réglages : Nikon P900 jusqu’à 1/4 s ; Canon EOS RP, 100-400 mm avec multiplicateur 1.4x, 560 mm, f/8, jusqu’à 102 400 ISO (H2).

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