Jérôme Baron-Campos, photographie nature
Renard roux avançant dans un pré fauché, éclairé par une lumière rasante

Portrait d’espèce Le renard roux, chasseur des prés et des lisières

© Jérôme Baron-Campos

  • Mammifères

Le renard roux chasse dans les prés à l’aube et au crépuscule. Portrait d’un voisin discret et curieux, de son pelage flamboyant à ses renardeaux du printemps.

Carte d’identité

Le renard roux est le carnivore sauvage le plus répandu de nos campagnes. Curieux et adaptable, il vit aussi bien en forêt que dans les prés, et parfois jusqu’aux abords des villages.

Son nom scientifique est Vulpes vulpes. Le mâle s’appelle le renard, la femelle la renarde, et les petits les renardeaux.

  • Longueur60 à 90 cm, plus 30 à 50 cm de queue
  • Poids5 à 8 kg environ
  • RégimeCampagnols, mulots, insectes, fruits et baies
  • HabitatBois, lisières, prés et abords des villages
  • Quand l’observerToute l’année, surtout à l’aube et au crépuscule
  • RutDe décembre à février

Le reconnaître

Le renard roux porte un pelage orangé, avec la gorge et le ventre blancs. Ses pattes semblent chaussées de noir, tout comme l’arrière de ses oreilles pointues. Sa longue queue touffue, souvent terminée par une pointe blanche, l’équilibre dans ses bonds.

De loin, on peut le confondre avec un petit chien. Son allure le trahit pourtant : il trotte d’un pas léger et régulier, le corps bas et la queue à l’horizontale.

Face à face avec un renard — mai 2025

© Jérôme Baron-Campos

Canon EOS RP · Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS USM + multiplicateur 1.4x · 560 mm · f/8 · 1/2500 · ISO 6400

Une vie au rythme des saisons

Le renard est un chasseur opportuniste. Il guette surtout les campagnols et les mulots dans les prés, et complète son menu avec des insectes, des fruits et des baies. Son geste le plus célèbre est le mulotage : il repère une proie à l’oreille, puis bondit pour retomber pattes en avant sur sa cachette.

Le rut a lieu en plein hiver, de décembre à février. Les nuits résonnent alors de cris rauques, presque inquiétants. Les renardeaux naissent au printemps, dans un terrier, et sortent jouer à son entrée dès le mois de mai. À l’automne, les jeunes quittent leur famille pour trouver leur propre territoire.

Les renardeaux, à observer de loin

Au printemps, les renardeaux jouent devant le terrier sous l’œil de leurs parents. Ce moment fragile se savoure de loin, avec un téléobjectif et beaucoup de discrétion. Je garde toujours secret l’emplacement d’un terrier, et je laisse la famille vivre à son rythme.

Ma rencontre

Un matin d’août, je partais photographier dans les bois avant le lever du soleil. La lumière suffisait déjà à l’œil nu, mais l’appareil demandait des réglages poussés. Au bord de la route, un jeune renard chassait : il grattait délicatement les taupinières de ses pattes avant, à l’affût d’une proie.

Le vent était presque nul. Un pylône électrique, avec un petit buisson à son pied, se dressait entre lui et moi. Je m’en suis servi d’abri pour m’approcher accroupi, en silence, jusqu’à une dizaine de mètres. J’ai ensuite profité du moment, immobile.

Jeune renard roux chassant au petit matin — août 2025

© Jérôme Baron-Campos

Canon EOS RP · Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS USM + multiplicateur 1.4x · 560 mm · f/8 · 1/320 · ISO 3200

Renard roux repartant, un regard en arrière — août 2025

© Jérôme Baron-Campos

1500 mm

Au bout d’un long moment, le renard est reparti très tranquillement. Je pense qu’il avait deviné une présence, encore mystérieuse pour lui. Il s’éloignait d’un pas serein, en jetant de temps en temps un regard prudent dans ma direction.

Ce face-à-face reste l’un de mes plus beaux souvenirs : le renard a mené sa chasse à son rythme, et j’ai pu l’observer longuement, en toute discrétion.

Mes autres rencontres

Les renards croisent ma route assez rarement, et tout dépend de la saison et de l’heure de mes sorties. Un soir de mai, l’un d’eux chassait dans les foins, baigné d’une lumière dorée : je raconte cette rencontre dans un récit du carnet.

Un renard dans la lumière du soir

Le photographier

Le renard possède un odorat et une ouïe remarquables. Je l’approche par vent faible ou de face, à pas lents, en profitant de chaque abri naturel : une haie, un buisson, un poteau. Le téléobjectif garde ensuite une distance confortable, pour lui comme pour moi.

Ses heures d’activité, à l’aube et au crépuscule, offrent une lumière superbe mais faible. Il faut alors monter en sensibilité et accepter un peu de bruit pour garder une vitesse suffisante.

Quand la lumière baisseMon éthique de photographe